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Activity


Bloody Klowi Jane The Killer
I think Klowi does not like being feminine, Jane should give back her kigurumi 😂
-
Je pense que Klowi n'aime pas trop être féminine, Jane devrait lui rendre son kigurumi xD
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Du noir,
uniquement du noir.
Rien d'autre que cette teinte, sortie des Enfers.
C'est l'unique chose que peut voir Kloé. Qui aurait pensé en arriver là ?
Enfermée dans cette salle vide, à attendre avec effroi et crainte le nouveau test "scientifique" sur le corps maigre, et tremblant de la jeune fille n'ayant rien demandé. Enfermée dans la plus profonde solitude et la plus profonde douleur, attendant qu'enfin un miracle se réalise.

Combien de temps était-elle dans ce centre ? Assez longtemps pour qu'elle ait la peau sur les os, et l'estomac aussi petit qu'un petit pois. Le corps blanc, presque transparent, on pourrait presque voir ses os trancher la fine couche de peau qui lui reste. Elle ne pèse que 30kg et des poussières. Chaque jour, la jeune femme de 18 ans se fait arracher de sa chambre, comptant uniquement quatre murs sales, pour être emmenée dans la pièce qu'elle redoute le plus pour subir ce qu'elle ne supporte plus : les tests. Hier elle avait avalé des médicaments, elle ignorait d'où est-ce qu'ils provenaient ou quels effets secondaires ils allaient lui faire subir. Elle ignore tout, elle veut toujours ignorer. Malheureusement elle ne peut ignorer son corps pourrir aussi bien de l'exterieur que de l'interieur, elle ne peut ignorer son corps mourir peu à peu, et ne peut se retenir d'ignorer les innombrables maladies qui courent dans son sang, et encore moins les maladies mentales.

En effet la jeune fille ne subit pas qu'uniquement la torture physique, non, loin de là, mais aussi la torture psychologique. Rester pendant des mois dans une cellule froide, laide et grise, ne pouvant manger que le strict minimum pour tenir un humain en vie, un peu de pain et quelques gouttes d'eau par jour, ainsi que devoir uriner et déféquer dans un coin de sa cellule pourrait rendre n'importe quel humain fou. Mais ils n'en restaient pas là, l'un des nombreux docteurs du centre l'emmène trois fois par semaine dans son bureau. Ce dernier depuis des mois, a commencé son petit manège sadique sur Kloé, profitant de sa faiblesse physique et mentale pour qu'elle ne puisse se débattre. Viol, privation de sommeil, maintien dans l'obscurité durant des heures ou dans le silence le plus total, ou encore l'hyperstimulation sensorielle. Une fois toutes ses tortures terminées, il l'a rend aux medecins spécialisés dans les tests et expériences physiques, pour qu'à leurs tours, il lui fassent leur petit tour de manège. Médicaments, piqûres, greffes, Kloé est une simple chose, qu'on utilise pour 'jouer', car ces expériences là, ne sont pas pour faire avancer la science. Seulement pour faire du mal, transformer un humain en cadavre, ayant le coeur qui bat encore. Uniquement pour tester le corps humain, jusqu'où peut-il aller, jusqu'à quelle dose peut-il supporter.

Elle sent que dans sa mémoire, dans son cerveau, dans son esprit, tout commence a se dérégler, schizophrénie, cyclothymie, ou encore envies de meurtres, folie, se sont installées dans sa tête. L'autophagie également. Ses bras sont parsemés de traces de morsures et plaies où il manque de gros morceaux de chair, pour le peu de gras qu'il reste dans son corps, ses bras sont infestés de croûtes, vertes, marron, ou grises. Les morceaux de chair manquants sont entourés de croute de pus et de matière verte. Dieu sait quelle est cette chose verte qui parsème sa chair à vif. 

En quelques moi la jeune femme a perdu les trois quarts de son poids, a été infectée d'une dizaine de maladies, mentales y compris. Mais tout n'a pas été comme ça, loin de là. Retournons en arrière.


Kloé était une bonne élève, malgré le fait qu'elle parlait beaucoup en cours, cela ne l'empêchait pas d'avoir de très bonnes notes dans toutes les matières, les professeurs de son établissement ne s'inquiétaient pas et ses parents étaient très fiers d'elle. Cependant, par faute de son don pour apprendre ou mémoriser aisément, elle n'avait pas beaucoup d'amis. Au lycée on lui avait collé l'étiquette « Intello » ou encore « suceuse » pour les plus vulgaires. Mais elle passait outre, elle avait quand même une amie, Clara. Et cela lui suffisait amplement.

Kloé et Clara étaient dans la même classe, en terminale L. Elles rentraient toujours ensemble, puis finissaient très souvent dans la chambre de la jeune femme pour travailler, mais ça ne durait pas longtemps, elles finissaient allongées sur le lit de Kloé, à regarder des séries. Clara s'affalait sur le matelas de son amie, tandis que Kloé, enfilait son kigurumi panda que son père lui avait offert pour l'anniversaire de ses 16 ans, il signifiait beaucoup pour elle. Jusque là, tout se déroulait bien dans la vie de cette jeune femme de 18 ans pour qui tout souriait : les études, la famille, ses projets. Mais quelque chose vînt détruire le château de cartes qui tenait parfaitement bien.

Depuis qu'elle était toute petite, la mère et le père de Kloé, pensaient que leur fille était atteinte de TOC. La peur de la contamination, le besoin de symétrie et d'exactitude, ou encore des angoisses dûes à un rien. C'est un des plus lourd secret que garde Kloé, uniquement connu de sa famille. La jeune étudiante était tellement effrayée à l'idée d'être en contact avec des bactéries ou autres miasmes, qu'elle ne touchait pas la monnaie qu'on lui rendait à la caisse, elle demandait aux caissiers et caissières de eux-même mettre l'argent dans le porte monnaie. Elle ne se tenait pas non plus aux barres dans le métro ou le bus, elle mettait constamment du gel anti-bactérien, ses mains en finissait usées à force d'en mettre cent fois par jour. Elle avait aussi besoin, autour d'elle, que TOUT, soit symétrique : tableaux, livres, CDs, coussins ; ses parents ne pouvait pas lui reprocher de ne jamais ranger sa chambre. Quand quelque chose n'était pas symétrique ou parfaitement droit, Kloé paniquait, commençait à ronger ses ongles, à transpirer, à stresser, d'où son psoriasis sur son crâne et légèrement sur sa nuque.
Mais la chose qui faisait le plus de mal à ses parents, sont ses crises d'angoisse. Elles arrivaient à n'importe quel moment ; si Kloé voit un homme qui empreinte le même chemin qu'elle, elle va penser qu'il la suit, qu'il va l'agresser -ou autres scénarios plus spéciaux les uns que les autres. Mais le scénario le plus dérangeant et le plus terrifiant pour ses parents s'était déroulé il y a 6 ans, quand elle avait 12 ans. Tout les soirs elle venait en pleurant dans la chambre de son père et de sa mère et disait
« Il y a un homme sous mon lit...»
Et très récemment, il y a de cela légèrement moin d'un an, la jeune fille avait dit : «Quelqu'un est allongé sous mon lit...»
En fixant le miroir qui était positionné en face de son lit. Car en effet, ses parents ne voyaient rien. Mais elle, elle voyait le corps allongé sur le dos, la silhouette d'un homme. Et cela depuis des années. Évidemment elle n'en avait jamais parlé a Clara, de peur de passer pour une folle, mais elle ne l'était pas. Elle avait simplement des TOCs qui lui détruisaient la vie au quotidien. Clara était au courant de ses TOCs bien évidemment, elle l'aidait, du moins quand elle le pouvait. Elle essayait de la rassurer, de la calmer. Ça lui arrivait également, des crises d'angoisses en pleins cours. Les profs étaient habitués, mais cela n'empêchait pas les élèves de se moquer d'elle. Ils autorisaient Clara à sortir de classe avec elle le temps que Kloé se calme.

Certains élèves disent qu'elle est possédée, ou encore qu'elle est trisomique, ce qui tourne très vite dans le lycée, son dernier surnom en date était "La possédée", et l'avant dernier "La tarée", entendre ça de la part d'élèves de sa classe, ou même d'autres classes, ne lui faisait ni chaud ni froid avec le temps. Mais les premières fois étaient très difficile à supporter. Le premier surnom auquel elle a eu le droit était "l'abrutie", elle n'avait jamais vécue ça étant plus jeune, car ses crises d'angoisse n'étaient pas si prononcées et si récurrentes.
Quand Clara en a parlé aux parents de Kloé qu'elle avait d' importantes crises d'angoisses ou autres TOC en classe, et que les élèves l'insultaient à ce propos, ils ont tout de suite réagis, en appelant un médecin, qui a confirmé leurs soupçons : elle avait bel et bien des TOCs. La jeune fille resta sous traitement quelques mois, mais aucun changement parvint à l'œil de ses parents, ni même au sien. Pourtant le médecin disait «Deux mois au plus tard et ses TOCs seront presque partis.». Mais Kloé était sous traitement depuis 4 mois, et rien n'avait changé. Clara s'inquiétait de plus en plus, et avait l'impression que ce traitement lui donnait des réactions encore plus graves et importantes à ses TOCs. Les parents de Kloé ont dû faire un choix important, hésitant, pendant près de 2 mois. Voyant l'état de leur fille s'aggraver avec le temps, ce qui se déroulaient sous leurs yeux, leur faisaient trop mal au cœur pour refuser la dernière option, la sortir de l'enfer qu'elle vivait depuis son enfance. Sa mère y pensait tout les jours.

«Pourquoi n'avions nous pas réagis dès le début ?»

Son mari était incapable de répondre. Pensant qu'à cause d'eux, leur enfant avait vécu un calvaire de sa naissance jusqu'à ses 18 ans.
La dernière option pour eux était de l'envoyer dans un centre médical spécialisé, d'une durée déterminée, bien-sûr. Ses parents pouvait lui rendre visite, ce séjour était pour l'aider, la reconstruire mentalement et psychologiquement. Peut importait le coût de ce séjour, tant que leur fille sortirait de là-bas sereine et guérie, c'est tout ce qui leur importait. Quand son père lui en avait parlé, Kloé s'était mise à pleurer, de peur, mais aussi de soulagement, de penser qu'enfin, il y avait une porte de sortie à tout ce qu'elle avait vécu. Qu'elle allait enfin devenir une fille normale de son âge, mais pas que, de peur également, car elle allait loger dans un centre médical inconnu, avec des personnes inconnues, dans une ville inconnue, car oui, le centre médical n'était pas dans la ville, mais une plus petite à 2h de chez eux.
Quant à Clara, elle ne pouvait se retenir de pleurer, de répéter qu'elle allait lui manquer, qu'elle espérait la revoir bientôt, qu'elle prenne soin d'elle et que les journées au lycée seront longues et mortelles sans elle.

«Prend bien soin de toi ma Klowi» répetait-elle

Klowi, le surnom que Clara lui donnait, il etait toujours accompagné, toujours d'un petit diminutif mignon tel que "d'amour".
Elle promit à Clara de revenir plus forte qu'avant, prête à reprendre le cours de sa vie normalement. Suite à ces paroles, elle se mit à aider Kloé à faire son sac.

La première chose que prit la malade était son kigurumi panda. Il était très important à ses yeux, ça la faisait penser à son père, et à sa mère. Hors de question pour elle de partir sans. C'était la seule chose qui pouvait lui faire penser à ses parents. En mettant son kigurumi panda, elle se sentait avec eux, contre eux. C'est en pensant qu'elle ne sera que dans une chambre vide et froide, sans personne de familier, que les larmes lui montaient aux yeux. Mais sa mère était là pour la réconforter, de la même manière que quand Kloé était petite. La serrer dans ses bras, lui caresser les cheveux et l'embrasser sur la joue a plusieurs reprises.

Qui allait combler ce gros vide en elle quand elle sera arrachée de son chez elle et de ses proches ? Seul son kigurumi pourra faire comme si ils étaient là.
Quand son père avait prit son sac pour le mettre dans sa voiture, elle savait que faire marche arrière ne serait ni bénéfique pour elle, et encore moin pour ses parents. Ses années de torture avaient touché tout le monde de son entourage. Ce séjour ne pouvait que apporter du bon pour eux.
«Et puis, ce n'est qu'un séjour.» se disait-elle pour se rassurer.
Les parents de Kloé avaient accepté que Clara vienne avec eux jusqu'à la destination. Ce qui avait instantanément rassuré la malade. Elles étaient conscientes que les aurevoirs seraient très difficiles, mais tant pis, il fallait qu'elles profitent de ces deux dernières heures ensemble, car elles ne se reverront pas pendant quelques mois.

Ce fut les moments les plus douloureux que Kloé avait vécu jusque là. Elle restait agrippée à ses parents, elle se retenait de pleurer, même si ses yeux en brûlaient d'envie. Une infirmière attendait derrière, le sac dans la main, elle avait un sourire attendrissant. Quand les parents et Clara furent partis, Kloé était restée silencieuse. La jeune infirmière avait tout pour rassurer : un visage d'ange, un sourire doux, et un beau regard, de beaux yeux bleus ciel. Mais cela ne suffisait pas pour mettre Kloé en confiance. Plus elle avançait dans les couloirs blancs, plus elle se sentait oppressée et prise au piège. Quand elle avait vu sa chambre pour la toute première fois, blanche, vide, meublée d'un unique lit blanc, d'une table de chevet accompagnée d'un vase dont les fleurs étaient déjà mortes depuis quelques jours, un bureau des plus classiques, et ses murs, d'un blanc à brûler la rétine, un blanc violent, elle sût instantanément que rien que cette pièce la rendrait encore plus timbrée qu'elle ne l'était déjà. Une tenue blanche était posée sur les draps blancs du lit blanc, presque invisible pour la jeune fille. Se devait-elle de porter ces horribles tenues de malades tout le long de son séjour ? D'après elle, sûrement pas. Hors de question.


Elle était restée une bonne demi-heure assise au bord du lit, pour encaisser tout ce qui venait de se dérouler dans sa journée. Une couleur lui avait attiré le regard : une brochure sur son bureau. Les lettres sur cette brochure étaient bleu clair, enfin un peu de couleur pour ses pauvres yeux qui n'en pouvaient déjà plus de cette teinte vide. Elle feuilletait la brochure, et lisait tout ce qui se passait ici, accompagements, soins, divertissements.

«C'est pas un centre hospitalier, c'est une putain de maison de retraite !»

Elle se demandait comment allait se dérouler ses soins, si il y avait des gens de son âge aussi, si elle allait rencontrer des personnes... Après tout, pourquoi pas ?
Elle suivait l'infirmière qui lui faisait une brève présentation des lieux, elle lui précisait quand les infirmières et infirmiers passeraient dans sa chambre pour les médicaments. Aussi bien en piqûres qu'en cachets. Kloé avait toujours détesté les seringues, une expérience malheureuse : étant petite elle avait dû se faire vacciner contre le tétanos, mais le médecin était novice et a raté la piqûre, en plus de casser le bout de l'aiguille dans son bras. Depuis cette mésaventure, Kloé les redoute un petit peu. Enfin les piqûres, mais aussi les compétences des médecins.


Les jours passèrent, ses parents venaient de temps en temps, mais ils n'avaient rien a dire de très intéressant, les médecins passèrent à sa chambre, rien d'attractif. La nourriture était beaucoup moins bonne que celle de ses parents. Bizarrement, elle ne croisait presque personne dans les couloirs, mis a part les employés. Elle n'avait vu que quelques rares personnes, dont un jeune homme, assez pâle, grand et aux cheveux légèrement roux, mais il y a de cela une semaine, mais depuis plus rien, elle ne le recroisa plus. Toute les personnes qu'elle croisiait elle ne le voyait plus au bout de quelques jours. Ils étaient sans doute guéris, eux, mais pas Kloé. Elle avait toujours cette folle envie de tout bien ranger dans sa chambre, toujours la laisser parfaite comme au premier jour. Contrairement à la crainte de la malade, les piqûres se passaient bien. La médecin avait l'air de s'y connaitre, déjà beaucoup plus que son médecin traitant quand elle était plus petite.


Elle s'ennuyait beaucoup, la salle de télévision était vide, elle ne diffusait qu'une seule chaîne, une chaîne qui parle de la politique. Ce sujet n'intéressait pas le moins du monde Kloé. Son espoir de croiser une malade de son âge ici fut brisé à l'instant où elle constata que le centre était presque vide, ce qui la stressa beaucoup.


Les journées continuaient de passer, elle sentait toujours cette présence sous son lit, cet homme. Oui, il l'a suivait partout. Elle en cauchemardait, de cet homme inconnu, droit comme un piquet à fixer devant lui son matelas. Dans ses rêves il chuchotait des mots, -depuis qu'elle était petite il chuchotait des mots- mais elle ne les déchiffrait jamais. Elle était la seule à savoir qu'il disait des choses dans ses rêves. Même ses parents qui étaient pourtant au courant de cette hallucination assez conséquente, n'étaient pas au courant de ses paroles. Le seul mot que Kloé avait reconnu, c'était la nuit entre le 17 et le 18 mai 2012, elle avait entendu "mort" mais depuis, toutes ses paroles étaient incompréhensibles. Ce mot avait fait réfléchir la jeune fille à l'époque.

Elle en avait parlé au médecin du centre, de ce monsieur qui parlait sous son lit la nuit. Elle la regardait par dessus ses lunettes et haussait un sourcil. Elle n'en reparla pas depuis, et le médecin avait l'air de s'en moquer. Peut-être pensait-elle que ses médicaments n'etaient pas assez forts pour guérir la patiente.

Plus les jours défilaient, la peur de dormir s'installait en elle, nuits blanches sur nuits blanches, elle avait de grandes cernes. Quand les médecins lui demandaient pourquoi ne dormait-elle pas, elle répondait qu'elle n'y arrivait pas.
Elle ne disait jamais la vérité, elle passerait pour une dérangée et serait mise en asile. Mais ne l'est-elle pas déjà ? Une dérangée ? Pour elle non. Et pourtant, quelques soirs, elle se promenait dans les couloirs vides, illuminés par des plafonniers. Certains médecins lui adressaient un sourire, d'autres l'ignoraient. Mais c'est cette nuit que Kloé regrettait au fond d'elle. Même si elle pensait que ça n'arriverait jamais, c'était arrivé. Elle aurait du prendre la fuite. Mais elle ne l'avait pas fait.
Le médecin qui était au courant de son 'secret', parlait avec deux autres medecins, deux hommes, ils portaient des masques de chirurgie. Elle écoutait la discussion des trois protagonistes.

"Elle ne guérit absolument pas. Elle m'a dit que maintenant elle entend un homme parler sous son lit. C'est peine perdue.", disait-elle.

Ces paroles s'encrèrent dans son crâne, c'était évident pour elle, ils parlaient de son cas. Alors elle retourna dans sa chambre, enfila son kigurumi panda et se mit en boule à pleurer ses parents. Sa famille en général, et Clara. Des pensées noires entrèrent dans son esprit
«Ils ont raison les gens de ta classe, t'es une folle.»
«T'as vraiment un problème.»
«T'as entendu ? T'es une peine perdue Kloé.»

Qu'allait-il se passer maintenant ? Qu'allons-nous faire d'elle ? Va-t-elle être tuée ? Empoisonnée ? Elle coûtait trop cher en médicaments pour les médecins. Elle avait une dose beaucoup trop importante de médicaments à la journée, et elle ne guerissait pas. Les médecins allaient-ils se débarrasser d'elle une bonne fois pour toute ? La tuer, l'emballer dans un sac et la jeter dans le canal qui traverse la ville ?
Elle n'en savait rien. Pourtant elle était persuadée qu'ils comptaient se débarrasser d'elle. Elle ignorait quand, et comment. La nuit pendant qu'elle somnolait ? Ou la journée pendant qu'elle lisait ? Qui sait ?

Les jours passèrent, elle devenait de plus en plus méfiante et désagréable. Lors de sa séance habituelle chez son médecin, qui n'avait pas fait de faux pas depuis le soir où Kloé avait entendu ses paroles, elle proposa à la malade une séance particulière dans une autre pièce. Elle n'avait pas refusé, elle était prête à tout pour guérir, même à ce qu'on lui coupe une main.
Alors elle suivait son médecin traitant qui passait de couloirs en couloirs, jusqu'à entrer dans un autre bâtiment, le bâtiment B, dont elle ignorait l'existence.
Elle suivait toujours avec méfiance le médecin. Puis, soudainement elle lui attrapa le poignet et le serra fort.
Des cris et des pleurs se faisaient entendre, les couloirs étaient terriblement sombres et angoissants, le couloir dans nos cauchemar, où on s'attend à voir une petite fille aux cheveux longs devant le visage. Le cœur de Kloé battait violemment, il frappait contre sa cage thoracique qui était compressée par le stress et la peur. Tellement de questions se bousculaient dans sa tête.

"Où sommes-nous ?"

"Où m'emmène-t-elle ?"

"D'où proviennent ces cris et ces pleurs ?"

"Pourquoi me sert-elle aussi fort le poignet ?"

"Pourquoi me force-t-elle à la suivre ?"


Elle n'avait pas comprit que c'était ce qu'elle craignait. Des jours auparavant, elle pensait qu'ils allaient se debarasser d'elle, cette heure était arrivée. Et elle venait de le comprendre à l'instant. Elle tentait tant bien que mal de se défaire des griffes du médecin, en tentant de la bousculer, de la frapper. L'adrénaline montait en elle, mélangée à de la peur et du stress. Quand Kloé arriva enfin à faire face à cette situation, a prendre le dessus et à se détacher, le médecin appela deux infirmiers qui reprirent instantanément le contrôle. Le médecin avait alors repris son chemin en demandant aux deux grands infirmiers, qui tenaient fermement les bras de la malade, de la suivre. Ils s'enfoncèrent alors dans les couloirs sombres dont les murs étaient arrachés par les cris des patients barricadés dans des chambres beaucoup plus fortifiés de l'extérieur par rapport au premier bâtiment.

Alors c'était ça, les bas-fonds de l'hôpital ? C'est là qu'ils allaient, les patients et les patientes ? Un frisson d'horreur parcourut le dos de Kloé. Elle regardait par les vitres des portes, les patients étaient tous très mal en point, maigres, et blessés. Elle reconnue le jeune homme qu'elle avait croisée la dernière fois. Elle n'eut qu'une seconde pour le voir, il était recroquevillé dans un coin, ses cheveux roux étaient ternes, sa peau était d'un gris a faire peur, son pauvre corps maigre était dans un sale état. Du moins c'est ce qu'elle eut le temps de voir en une seconde.
Est-ce que lui aussi coûtait trop cher en médicaments ? Lui aussi ne guérissait pas ?
Les larmes de Kloé lui montaient aux yeux en imaginant l'état de ces gens, et qu'elle allait être dans le même état qu'eux, il en était hors de question pour elle de rester crever ici.
Le médecin s'arrêta devant une porte de chambre, elle sortit un trousseau de clefs et ouvrit la porte.
Les infirmiers la jetèrent a l'intérieur, tel une poupée de chiffon dans un placard. L'un d'eux semblait culpabiliser. L'autre ne montrait aucune expression. Celui qui culpabilisait, elle le connaissait, elle l'avait déjà vu, plusieurs fois, dans l'autre bâtiment, il lui souriait toujours, son badge sur sa blouse était toujours de travers, avec marqué Nicolas Joly dessus. Sa tenue était tout le temps propre, Il prenait toujours soins de ses affaires, surtout de sa blouse, c'était celle de sa mère, qui elle aussi était infirmière. Elle était décédée depuis des années maintenant. Mais sa mère à Nicolas, ne travaillait pas comme ça, elle. Elle ne devait pas jeter des patients malades dans un autre bâtiment, uniquement parce qu'ils ne guérissaient pas, elle se battait pour qu'il retrouvent la santé.
Mais lui il n'avait pas le choix, le directeur de l'hôpital lui mettait toujours une grosse pression si il refusait d'obéir, il le menaçait a chaque fois que le petit infirmier voulait les dénoncer. Ce crime pèse lourd en lui, il ne peux continuer. Mais pourtant il n'a pas le choix, a chaque fois qu'il emmène un patient dans se bâtiment, il sent son coeur peser en lui, de honte et de culpabilité. Mais envoyer Kloé ici c'était trop pour lui, il l'a croisais souvent, il aimait bien discuter quelques minutes avec elle. Il espérait bêtement qu'elle puisse s'échapper, mais personne n'y arrivait, ici c'était le Terminus.


Il savait qu'il allait être harcelé par les parents de Kloé, car ils n'auront plus jamais de nouvelles de leur fille. Du moins, si ils voulaient la récupérer, parce qu'en effet, les parents avait leur part dans cette affaire. Étant donnée qu'ils ont toujours eu de petits moyens, ils ne pouvaient pas payer le coût hospitalier. En revanche, le directeur avait autorisé la baisse du prix d'hospitalisation, si ils acceptaient de donner leur fille au deuxième bâtiment en cas d'echec de guérison, en plus de gagner quelques centaines d'euros en remerciement pour avoir donné un cobaye. Pour eux, c'était une occasion a ne pas surtout pas louper, ils pouvaient envoyer leur fille sous un prix raisonnable en plus de gagner de l'argent. Pourquoi refuser une telle offre ? Alors ils avaient signés, pour se debarasser de leur fille insupportable avec ses crises d'angoisses, et ses problèmes quotidiens dont ils n'en n'avaient plus rien a faire, et pour gagner un peu de sous. La mère culpabilisait, elle avait honte, d'abandonner son enfant, mais si c'était pour s'en sortir, alors elle avait fait le bon choix. Plus personne ne la cherchait désormais, plus personne ne s'inquiètaient pour elle, elle était seule.


À  partir de cet instant, Kloé n'était plus un humain à leurs yeux, mais une simple chose qui devait subir des séries et des séries d'expériences bidons, et sans intérêt. Des expériences sans aucune logique, sans aucun but précis. Mais Kloé, elle, n'était pas encore au courant de tout cela. Elle allait le découvrir d'elle même au fur et à mesures des jours.


Et voilà où nous en sommes. Kloé compte désespérément les jours, bientôt huit mois. Huit mois qu'elle est enfermée dans la plus profonde solitude, enfermée dans sa propre peur. En tentant toujours d'ignorer les maladies mentales et physiques qui accaparent de plus en plus son être à chaque seconde. Lui rongeant ces dernières miettes de conscience, les derniers restes d'elle même.

Quand elle à rendez-vous chez son médecin du deuxième bâtiment, elle se regarde dans le miroir, et petit à petit les cernes grandissent, son ventre rentre dans ses côtes de jour en jour, ses joues se creusent, le peu de nourriture que lui donnent les infirmiers ne change rien, elle ne possède plus aucune force. Mis à part tenir debout, et encore, cette force est restreinte. Pourtant une grande force au fond d'elle la pousse à rester en vie, la vengeance, l'envie de retrouver sa famille et Clara. Mais qui sait, quand elle sortira, sera-t-elle encore la même ? Aura-t-elle perdu la tête ? Elle ne les reconnaîtra même peut-être pas ? Ou peut-être qu'elle ne sortira même jamais.
Kloé sert fort son kigurumi contre elle, voulant sentir pour les dernières fois, l'odeur, et le faux contact de ses parents, qu'elle ne verra probablement plus jamais. Mais il ne sent plus que la saleté, le renfermé et la folie. Elle se souvient, la première fois qu'elle avait pénétrée ici, les cris des patients déchiraient les murs, se mélangeaient dans l'ambiance macabre du bâtiment, des visages malades, hurlant à la mort, hurlant leur liberté, suppliant, se mélangeaient à leur cris perçants.
Petit à petit Kloé rejoignit les visages et les cris de supplice, son cris à elle, se mélangea aux autres, devenant une simple petite poussière banale parmis tant d'autres.
Personne ne viendrait, personne ne viendra. Compressée et écrasée par cette ambiance qui pénètre de plus en plus son âme, le dérangement mental qui se bousculait en elle, la jeune femme se laisse pousser les ongles, elle ne les ronge pas, elle les taille en pointe pour se mutiler, saigner. Les cris ensanglantés qui rentrent dans son crâne, elle veut les faire sortir, pensant que c'est la solution pour redevenir saine d'esprit.
Chaque jour elle voit passer des malades comme elle, mais le soir, ils ne reviennent pas. Pendant des jours ils ne reviennent pas, ils ne reviendront plus jamais.
Hantée par l'atmosphère, par l'idée de mourir comme un chien, la malade se griffe, se mord, se mutile, s'arrache le peu de chair qu'elle a.
Elle enfile son kigurumi, elle ne remplit que le quart, mais au moins, sous ce grand vêtement, Kloé se sent ni maigre, ni folle, ni hantée. Juste, la Kloé d'autre fois.
Elle ne le lâche pas. Elle le garde toujours avec elle, même quand elle oubliera sa vie, sa famille, par cause de sa folie, elle le gardera. C'est bien l'unique petit geste de bonté qu'ont les infirmiers dans ce bâtiment. Aujourd'hui, comme les deux précédents, elle doit aller chez le médecin qui s'occupe d'elle. Kloé ne veut pas, mais elle n'a pas le choix, alors elle attend qu'un infirmier vienne la chercher. Elle a toujours rêvé de vouloir et pouvoir tuer l'infirmier qui l'emmène, mais elle ne peut pas. Le manque de force, et de stratégie.
Elle attend
Elle attend encore
Une soudaine envie d'exploser, de tout casser, Kloé attend ce sentiment depuis des mois. Elle craque les os de ses doigts, tellement fragiles qu'ils casseront peut-être un jour. Elle ronge ses ongles sur les côtés pour avoir une griffe tranchante, elle les testes toujours sur elle, ses quatres ongles ouvrent la chair de ses bras, laissant couler le sang infesté s'echapper de sa peau blanchâtre et de sa chair presque moisie et puante.
L'infirmier la regarde de derrière la vitre de la porte, insensible a cette scène, il donne un coup de pied dans la porte pour attirer l'attention de l'animal qu'est Kloé à ses yeux.
La jeune fille sourit, la tête baissé vers son bras.
Puis se lève, avec l'aide du mur, ses jambes tremblent, mais elle arrive à rester debout.
Elle s'approche de la porte, les bras le long de son corps, le sang coule sur ses doigts.
Alors elle lève la main, et sur la vitre qui coupe les deux personnages, elle dessine une croix, au niveau de sa tête.
Peut-être a-t-il compris ?
Il regarde droit dans les yeux la malade devenue presque folle, si ce n'est pas complètement.
La jeune femme recule, et l'infirmier, d'un grand coup de clef, ouvre la lourde porte, il attrape la Chose, qu'il dirait. Puis dans un silence presque parfait, si les cris des autres malades, et les bruits de pas de l'infirmier et de Kloé n'existaient pas, ils se dirigent vers le bureau du médecin de Kloé. Elle écoute les cris encore une fois, ils sont beaucoup moins nombreux qu'avant. Peut-être que celui de Kloé n'existera plus bientôt. Peut-être que celui de Kloé s'effacera pour toujours de cet endroit. Peut-être s'effacera-t-elle elle même de cet endroit. La grande main de l'infirmier frappe a la porte du medecin, marqué Mr. Donart. Comme à chaque rendez-vous, son cœur a peur, son corps entier a peur.
Elle respire profondément, et ferme les yeux, pensant que ça la calmerait. Non, elle sent encore plus son cœur apeuré.
Les pas de Mr. Donart tapent derrière la porte, de plus en plus fort, de plus en plus près, elle a peur, elle recule à chaque bruit de pas mais l'infirmier la force a rester à sa place, alors elle attend, encore, jusqu'à ce que l'homme qu'elle hait le plus ouvre la porte. Jusqu'à ce que ses yeux bleus se posent sur la tête fripée de son medecin.
Le medecin regarde Kloé avec beaucoup de supériorité. La jeune femme quant a elle, regarde ailleurs. L'infirmier part, laissant la malade et le medecin au regard pervers et supérieur seuls.
Il fait entrer Kloé, qui reste sur ses gardes, cachant ses doigts dans les grandes manches de sa combinaison.
L'homme s'assoit a son bureau, Kloé, elle, reste debout.

«Exceptionnellement, ce sera moi qui fera ta séance d'essai clinique.»

Sa voix est forte, grave, une voix de fumeur. La voix rauque d'un homme ayant fumé toute sa vie.
Il ouvre un dossier, probablement celui de l'essai du jour. Il ouvre son tiroir et en fait sortir une seringue, accompagnée d'un flacon rempli d'un produit dont Kloé ignore le nom de la couleur.
Il se lève et la force à retirer sa combinaison. Elle ne dit rien -elle ne le contredit jamais- mais elle ne le fait pas. Le medecin répète alors, plus fort, en s'approchant d'elle.
La malade regarde ailleurs, elle fuit son regard comme toujours. Elle ne l'a jamais regardée dans les yeux. Elle ignore la couleur de ses yeux.
Elle ignore tout de lui. Elle ne veut rien savoir de lui. Probablement que tout ce qui le concerne est aussi immonde que son regard actuellement plongé sur sa poitrine. Le malaise qui est déjà présent, devient de plus en plus intense. L'homme se penche au dessus d'elle, comme pour la dominer, prouver qu'elle n'est rien face a sa force, elle a du mal a l'admettre mais, elle est en effet rien face a lui. Il se penche encore plus, serrant son bras. Et répète à nouveau l'ordre qu'il veut qu'elle exécute. Dans le plus grand des soulagements, la jeune femme a sous sa combinaison, un boxer. Mais pas de soutien-gorge. Elle souffle un grand coup, pour se donner du courage pour la suite, et, retire un, puis deux, puis trois bouton pour enfin retirer les cinq. Elle recule et se tourne, le regard malsain du docteur l'opresse et l'effraie comme toujours.

Elle retire sa capuche aux oreilles de panda usées et dechirées, laissant place a des cheveux chatains emmêlés, ternes et cassants. Le kigurumi que chérit tellement la malade est maintenant à ses pieds. Elle cache sa petite poitrine a l'aide de ses mains devenus squelettiques, ses bras recouverts de blessures immondes et aux drôles de couleurs intrigue Dr. Donart une fois la jeune femme retournée.

Elle s'approche du miroir posé près de la fenêtre, son ventre est totalement rentré dans ses côtes, Kloé passe une main sur son ventre, les bosses et les ondulations qu'elle sent au dessus sont uniquement les intestins, les entrailles. Dr. Donart lui tend du pain et une bouteille d'eau. Kloé est du genre a avoir beaucoup de fierté, mais elle ne peut refuser une telle offre. Elle en était presque à se manger elle même, certaines scarifications où il manque des morceaux de chair et de peau sont soit recrachés, soit avalés. Alors elle les prend. Mange et bois aussi rapidement que son ventre s'enfonçant dans ses côtes. Elle n'est pas rassasiée, loin de là. Mais son ventre lui fait légèrement moin mal. L'homme resta un moment a la regarder, quant à Kloé, déjà a bout de force, elle s'assoie sur la table d'auscultation.

«Déjà prête ? Et bien, commençons alors !»

Il rit, elle le dévisage. Il n'a pas eu le temps de voir le regard que la malade lui avait lancé. Parti chercher la seringue et le flacon de liquide a l'étrange couleur. Elle veut savoir, pour une fois depuis des mois, elle veut savoir quelque chose, elle veut savoir ce qu'est ce produit, elle veut savoir si elle aura mal, elle veut savoir ou est-ce qu'il va la piquer. Mais depuis des mois Kloé ne parle plus. Seulement des cris de sauvage, lorsqu'elle est dans sa chambre. Les murs commencent a s'assombrir, sans doute ses cris les tâchant, et son sang giclant sur ces quatres murs dressés autour d'elle quand elle s'arrache a grand coup de dent la chair blanchâtre et malade de ses bras.

Le medecin met le produit dans la seringue.

« Tu dois sans doute te demander a quoi sert tout ce bazar, non ?... »

Pour une fois elle veut savoir, malgré sa voix irritante, a s'en arracher les cheveux, elle veut l'entendre pour savoir la suite.

« Ce produit a été composé par nos scientifiques, je ne peux rien dire de plus, secret professionnel, tu t'en doutes Kloé. Tout ce que je peux te dire c'est que sur les chiens, ça ne marche pas. La plupart meurent sur le coup..»

Kloé le regarde, son visage semble neutre. Comme si ces paroles sont normales, comme si, ce qu'il venait de dire faisait partie de son quotidien. Peut-être bien que oui, finalement. Fait-il allusion au fait qu'elle va mourir ?
Il s'approche de la table d'auscultation et attrape ses minuscules poignets scarifiés. Ce n'est pas la première fois qu'il l'attache a l'aide de sangles, cela fait partie de son quotidien à elle, rien ne peut être pire que l'expérience qu'elle avait vécue le mois dernier, de toute façon. Les médecins avaient pris un rein de la jeune femme et l'avait greffé sur un cochon, et inversement. Elle possède en elle l'organe d'un porc. Après ça, rien ne peut être pire.

Il attrape un somnifère pour endormir la patiente, les yeux fatigués de Kloé se ferment lourdement, elle prie pour qu'en se reveillant elle n'ait pas trois jambes ou un seul bras. Malgré le fait qu'elle ne soit pas croyante, rien n'empêche d'essayer, si il existait vraiment un dieu dans ce monde, il l'aurait sauvée depuis déjà bien longtemps.
Elle s'enfonce petit à petit dans le néant du sommeil, perdant toute trace de la vie réelle, elle se voit, chez elle, assise sur le canapé, personne ne l'accompagne. La TV devant elle, ne fait passer que de la neige bruyante. Elle ne peut se lever, résignée a ne tourner que la tête pour regarder autour d'elle, gauche, droite. Un petit gémissement de souffrance siffle a son oreille, mais rien a l'horizon. Une main sanglante et tremblante s'aggripe violemment a l'accoudoir, la voix supplie.
Elle ferme les yeux et les réouvre. La TV a l'écran tâché de sang, passant toujours la fameuse neige bruyante. Des bruits d'entrailles résonnent à droite. Du coin de l'oeil, une femme ensanglantée, portant son kigurumi, les joues immensément creuses et à l'oeil droit rouge entouré d'un cocard, tiens la tête de son père contre elle. Elle sourit, ses dents sont rouges de sang. Elle ne peut imaginer une seconde que ça pourrait potentiellement être elle d'ici quelques temps, ce sentiment de familiarité l'envahi. La jeune femme regarde son corps assis, des points rouges apparaissent sur ses bras, ses jambes, son corps. Ils deviennent petit à petit entourés de bleu. Le monstre à droite a disparu, laissant une flaque de sang à ses pieds. Elle ne peut pleurer dans ce rêve. Le monstre qui est sensé être parti, glisse ses mains le long du cou de la malade, serrant de plus en plus fort, le bruit de ses os qui broyaient dans sa nuque ne pouvait l'empêcher de s'échapper, elle ne peut bouger. Le monstre saisit sa nuque et sa gorge, et d'un grand geste, lui craque violemment le cou.

Dans une grande bouffée d'air, la gorge encore nouée, Kloé revient au présent, elle surgit de son sommeil telle une personne surgissant de l'eau. Elle voit flou, et la lumière des spots au dessus d'elle ne font que brouiller ces potentiels points de repère qu'elle pourrait trouver. Elle veut passer ses mains sur son visage, les liens l'en empêchent. Elle paraît perdue, confuse et à la fois effrayée.

«Je crois que je ne t'ai pas donné assez de somnifères. Tu n'es pas sensée te réveiller maintenant»

La voix rauque du docteur raisonne dans son crâne tel une pièce sans meubles.
Elle bat des cils à plusieurs reprises, pour se reconnecter au temps réel.
Dr. Donart se tourne sur le côté, et trempe le bout de sa seringue dans le flacon. Il gratte sa nuque pelliculeuse, et se rapproche de la table d'auscultation d'un coup de jambes, assit sur sa chaise de bureau.

« Je n'en ai plus assez..»

Elle comprit qu'il parlait des somnifères. Elle regarde le vieillard sous son masque en papier. Il lui fit un clin d'œil. Elle tourne la tête de l'autre côté, son clin d'œil pervers et malsain la met mal à l'aise, sa présence en général la met mal à l'aise. Les piqûres parcourent son corps au fur et à mesure du temps qui passe. Elles brûlent et démangent son corps grisâtre est tâché de tâches rouges. Elle ignore ce que cela provoquera sur son organisme. La seule chose qu'elle espère, c'est que cette chose la tue, définitivement. Qu'elle l'a consume de l'intérieur, pour qu'elle puisse enfin partir tranquillement. Dans les larmes , la souffrance et les cris, mais tranquillement tout de même. Le médecin la regarde, avec beaucoup de pitié, mais cela ne voulait pas dire qu'il voulait l'aider pour autant, bien au contraire.

Le vieil homme se lève de sa chaise et claque des doigts pour attirer l'attention de la malade, il réussit. Il se penche au dessus d'elle et bloque sa tête avec l'aide d'ustensiles conçus pour.

« N'aie pas peur. Tu es entre de bonnes mains, il ne va rien t'arriver de mal.»

Elle veut qu'il se passe quelque chose de mal : la mort. Juste la paix éternelle.
Le docteur remet sa seringue dans le flacon presque vide, rien que l'idée de penser que les trois quarts de ce produit se répandent dans son corps et ses veines, ne lui fait plus rien.

«Attention ça va piquer !»

Le vieillard écarte ses paupières avec ses doigts et dirige la seringue vers son œil gauche. Affolée par son geste et l'acte qu'il s'apprête a commettre, Kloé s'agite dans tout les sens, criant le plus possible, il est évident pour elle que crier ne sert a rien, mais que cela pourrait potentiellement effrayer le Docteur. Tandis que le vielliard tente de la maîtriser, les outils pour faire tenir sa tête supportent les violent gestes de la patiente, elle ferme les yeux, très fort et ne compte pas les rouvrir. Il enfonce ses doigts dans son œil fermé, et écarte ses doigts, une nouvelle fois, il répète son geste, son œil bleu est à nouveau ouvert. Stressé, et pressé par les cris perçants de Kloé qui le mettent dans des conditions oppressantes, il ne prend pas le temps de réfléchir et plante violemment l'aiguille profondément dans l'iris de la malade. Les cris stridents et déchirant de cette dernière, le docteur ne peut les supporter. Il bouche alors ses oreilles, laissant l'aiguille dans l'oeil de la patiente, se balançant de droit a gauche, par les gestes de tête de Kloé. Il injecte le plus vite possible le produit, qui prend vite possession de la couleur bleu clair de la malade. Les petites veines du blanc de l'oeil se forment alors autour de l'iris devenu d'un rouge terne encore légèrement bleuté.

Le vieillard retire la seringue, un petit jet de sang, de liquide du produit et de jus qui se trouvait à l'intérieur de l'œil sort du trou presque perceptible. Il met un torchon dans la bouche grande ouverte de Kloé, qui finit par hurler dans le tissu. Il tire sa chaise de bureau jusqu'à celle-ci et s'affale dedans. Il retire alors son masque en papier couvert de sang et le jette à la poubelle. Quant a Kloé, elle souffre en pleurant...des larmes ? Du sang ? Du liquide ?
Plus le temps passe, plus son œil la brûle de l'intérieur, elle voit flou. Le produit s'évapore dans l'oeil, un léger œil au beurre noir mauve se forme autour de celui-ci au fur et a mesure du temps.
Dr. Donart avait bel et bien infecté l'œil de sa patiente. Bouger son œil et cligner des yeux sont presque devenus des mouvements impossibles a faire pour elle.

"Tu es bruyante je trouve."

Il se lève d'un pas sûr et va ramasser le costume de sa patiente souffrante. Il le tiens du bout des doigt, et lâche un petit rire moqueur.

"Sérieusement Mademoiselle Cooper, pourquoi tenez vous tant a ce vieux bout de tissu sale ?"

Kloe ne lâche que de faibles sanglots, sa paupière gauche tremble et le contour de son oeil devient de plus en plus mauve légèrement bleu. Elle le regardait, ayant peur qu'il ne le jète ou le déchire. Il retourne a son bureau, le kigurumi dans les mains, et attrape du fils et une aiguille sur sa commode envahi d'ustensiles d'opérations étranges. Il pose la capuche sur lequel était cousu un panda heureux, sur son bureau.

"C'est triste que le panda sur ta capuche soit plus heureux que toi quand même, ne trouves-tu pas ? Si tu veux, je peux le rendre aussi laid que toi."

La malade regarde ailleurs, elle était anéantie, et bouffée par la tristesse. Alors qu'il le détruise ou le défigure, il ne pourra pas être plus mort qu'elle dans tout les cas. Kloé le vois coudre, comme un bourrin, elle entend le tissu se déchirer et pleure, tandis que le vieillard s'amuse à détruire le reste de sa vie.

"Et voilà ! C'est bien mieux, non ?"

Elle tourne la tête, vers un panda aussi mort qu'elle, les yeux étaient remplacés par de grandes croix, signifiant sa vue qu'elle perd peu a peu, et un grand sourire de l'ange recousu du coin de sa bouche, jusqu'aux yeux. Il est affreux, horrible, immonde. Pourtant, il l'a définissait parfaitement. La dernière chose a laquelle elle tenait le plus, il l'avait détruit, il a tout détruit.

La nuit tombe, la pièce devient noire. Mais les lumières au-dessus d'elle lui brûlent toujours les rétines. Le vieil homme se lève et l'éteint. Suite à ça, il détache la patiente et la force à se lever et à marcher jusqu'à la porte.
La pièce est noire, ils ne sont que tous les deux. Kloé s'affale sur le bureau, à bout de forces. Mr Donart sourit et se met derrière elle. Il glisse doucement ses mains usées et ridées sur les côtes fragiles de la jeune femme. La respiration de Kloé s'accélère, elle regarde ses bras et ses mains qui tremblent de plus en plus, son regard glisse rapidement partout, quant a l'homme derrière elle, il lui dit de se calmer en passant ses vieilles mains de ses côtes a ses hanches. La malade ne peut se débarrasser de lui aussi facilement, ses jambes allaient lâcher, elles tremblaient violemment. Mr. Donart passe une main dans les cheveux cassés et ternes de sa patiente impuissante face à lui.

"Chht.", lui dit-il.

Kloé serre les poings, posant son front contre le bureau du médecin fou. Avec horreur, elle sent son boxer glisser le long de ses maigres jambes tremblantes, avec horreur, elle entend la zip du pantalon de son medecin se baisser, et du coin de l'œil, son sous-vêtements se baisser.

Elle ne réfléchit pas, elle veut juste, que cela ne se reproduise plus jamais. Alors sur un élan qui lui vaut toute son énergie, elle prend une paire de ciseaux dans un pot a crayon qui se situe à sa gauche et la plante dans la hanche du medecin. Ce dernier retire ses mains du maigre corps de la jeune femme et les met l'une sur l'autre, sur sa plaie sanglante, l'insultant de tous les noms qu'il put trouver. La jeune femme retire d'un grand coup la paire de ciseau, et la plante dans ses mains qui se situaient sur la plaie. Elle respire un grand coup, ne voulant pas s'arrêter dans un tel élan, elle profite du fait qu'il ait les mains prises au piège avec la paire de ciseaux plantée dans celles-ci pour remonter son boxer et s'écarter jusque dans le fond de la pièce faiblement éclairé. Quant au medecin il n'ose pas retirer ses mains, le sang coule le long de sa jambe. Au bout de quelques longues minutes, elle se rapproche doucement, et retire la paire de ciseau de celui-ci d'un grand geste avant de lui planter violemment le thorax. Des giclées de sang éclaboussent le sol ainsi que le mobilier autour d'eux. Ils tombent a terre en même temps, Kloé se recroqueville, et regarde le medecin agoniser. Il fixe de ses grands yeux gris le plafond. Ça y est, elle connait la couleur de ses yeux. Elle les trouvait beaux, le medecin crache du sang, son regard tourne doucement vers sa patiente.
Alors du bout des lèvres, il l'insulte une derniere fois. Les muscles de son corps se contractent tous en même temps.

Elle est à genoux, la tête baissée, on pourrait croire qu'elle prie un dieu. Elle n'a jamais crû en Dieu, s'il en existait un, elle serait déjà ailleurs, très loin. Elle s'écarte, se traînant par terre. La jeune fille refuse d'avoir le sang du vieil homme sur elle, et pourtant, elle en a les mains recouvertes.
Des pieds étaient visibles sous la porte, quelqu'un était devant, mais elle ne le voyait pas, encore trop choqué de ce qu'il venait de se passer.

La personne derrière celle-ci ne bouge pas, mais a bien entendu se qu'il s'est passé à l'intérieur. C'est Nicolas, le jeune infirmier. Il veut juste que Kloé s'en sorte vivante, alors il ne dit rien, et reste devant cette dernière pour la laisser s'enfuir. Il l'a toujours apprécié, et s'en voudrais jusqu'au dernier jour de sa vie si elle mourrait ici. Il entend sa respiration tremblante, mais n'entre pas, il pourrait être apperçu et Kloé retournerait dans sa pièce sombre, et personne ne peut s'imaginer ce qu'elle vivrait si ils apprenaient qu'elle avait tué un médecin.
Il se contente juste de penser fort à elle. Il a confiance en Kloé, il sait qu'elle y arrivera.

Elle tremble, et met son visage dans ses mains. Elle pleure pour avoir réussi malgré son manque de force ? Ou de peur d'être enfermée jusqu'à la fin de sa misérable vie ? Après cinq minutes, elle rampe jusqu'à son kigu, et s'adosse contre le mur en béton froid. Le froid remonte le long de sa colonne vertébrale. Elle essuie son visage dans son pyjama panda, l'odeur ne lui dit plus rien, elle a oublié ses parents, le costume qu'elle à entre les mains, elle ignore d'où il vient. La malade regarde la capuche qui représente un panda défiguré, mais pourtant bien a son image.

"Je suis un monstre, moi...? ... non, non. Je suis Klowi..."

Ne pas avoir parlé depuis des mois, rend sa voix cassée. Elle tousse faiblement et se lève à l'aide du mur.

Partir d'ici était là, la tâche la plus compliquée à exécuter. Alors avec un élan d'espoir elle s'approche de la fenêtre et regarde par celle-ci. Elle se situait au deuxième étage, et un balcon se situe au premier étage. Si elle saute, ses jambes se brisent. Malheureusement sauter sur le balcon est la seule opportunité pour Kloé de s'enfuir, et malheureusement, il lui faudrait quelque chose pour amortir sa chute. La jeune femme se tourne alors vers le cadavre du vieil homme. À chaque seconde le sang de l'homme se répand dans la salle. Impossible de retourner dans sa chambre tachée de cris souffrants et de supplices, elle avait passée tellement de temps dans cette pièce puant la mort qu'elle avait cette sensation que les murs se resserraient autour d'elle.
Elle regarde dehors. Enfin, depuis très longtemps, elle pût voir le ciel et les étoiles. Depuis le temps, elle avait crû que les étoiles n'étaient devenues qu'un mythe. Elle ouvre la fenêtre et sent le vent frais de la nuit caresser son visage pâle et maigre ainsi que ses pommettes saillantes à la peau rugueuse, glissant vers son cou serré, pour enfin descendre vers son torse fin et maigre lui aussi.

Est-ce risqué ? Elle l'ignore, mais le seul moyens de se sentir libre à nouveau, était de sortir par cette fenêtre.

La liberté...Un bien beau mot qu'elle connait par coeur, mais dont elle a oublié la définition. Est-ce ça la liberté ? Sentir le vent glacial mais pourtant si doux sur une peau terne et presque morte depuis de longs mois ? Est-ce ça la liberté ? Se sentir vivante pour la première fois, depuis une éternité dans le noir et la saleté, noyé dans des cris grinçants et perçant a s'en arracher les yeux ?
Si c'est ça la liberté, alors pourquoi attendre, elle est juste là, devant elle, cette fenêtre ouverte lui propose la vie.
Mais à quoi bon vivre, si on ne peut plus ressentir de joie de vivre ni de compassion. Les uniques sentiments qui se mélangent dans sa tête sont uniquement les sentiments que les humains détestent.
Peur, frayeur, haine, colère, tristesse.
Comment ressentir une joie de vivre après avoir vécu une expérience pareille ? L'humain n'est qu'une sale race, une chose sans cœur.
On dit aux enfants que les monstres n'existent pas, et pourtant, l'enfant est lui-même, le monstre qu'il redoute le plus.
Après tout, être un monstre, c'est pas si mal. Répandre la terreur et l'horreur partout, ça leur apprendra à ne pas être humains.

Kloé n'est pas humaine, d'après elle. Elle a vécu l'horreur, à elle de la répandre. Vivre l'horreur de l'humain est une souffrance éternelle, mais répandre l'horreur humaine, c'est un plaisir et un désir incontournable. Le subir c'est mauvais, le faire subir, c'est bien. Faire goûter a chaque misérable humain l'horreur qu'il peut faire subir, c'est amusant, et très excitant.
Comment réagît-il face à la propre douleur qu'il peut faire subir ? Ils hurlent tous comme des animaux.
Vicieux cercle vicieux.

Kloé reprend ses esprits et ramasse sa combinaison maintenant deformé mais rendue a son image, puis l'enfile. Encore une fois, son corps maigre et ridicule se noie dans le tissu trop grand.
Elle regarde l'heure, sur l'horloge posée sur le bureau, elle indique 22h.
Il n'y a pas d'heure pour remettre un cobaye dans sa chambre, aucun soucis de retard.
Libre à elle de partir à l'heure qu'elle veut, encore une preuve que Kloé est maintenant libre, retrouvant la possibilité d'avoir son libre arbitre, ses choix, ses décisions. Mais le plus tôt serait le mieux. Rester dans une pièce baignante de sang, ce qui, finalement, ne change pas de sa chambre, lui donne quelques tremblements de dérangement. Elle se ronge le côté des ongles, pour donner plus de longueur et de pointu a ses griffes, et range le bureau, tout doit être symétrique. Oui, comme ça, c'est parfait. Ne touchons plus à rien.

Le balcon n'est pas si bas que ça, mais trop bas pour les jambes de la malade. Elle attrape le col de la blouse de M. Donart, et le soulève à bout de bras. Sa tête et ses épaules sont disposés sur le rebord. Elle le tire par l'arrière du jean, au niveau des cuisses, et le pousse par dessus bord.
Le corps fait un salto dans sa chute, une trainée de sang le suivant dans les aires, et tombe le torse en premier. La paire de ciseau s'enfoncant d'un coup, au maximum dans son organisme, elle est maintenant à l'intérieur de lui. Ses jambes heurtent la rebord du balcon. Un violent craquement retentît, le bord de la fenêtre faisait pleuvoir de son sang. Elle se gratte le front.
Cela ne sera probablement pas suffisant pour retomber sans blessures. Mais rien dans la salle ne pouvait amortir plus sa chute, le fauteuil de bureau aurait 90% de chance de mal retomber.
Elle passe ses jambes par dessus, et s'assoie. Elle regarde les gouttes, tomber une a une sur le balcon quelques mètres plus bas.
Il faut souffrir pour être libre. Non ?
Il faut souffrir pour tout, souffrir pour vivre, souffrir pour mourir, souffrir et toujours souffrir.

Elle pose ses mains sur le rebord, réfléchissant une dernière fois à la bêtise qu'elle venait de faire, et se pousse dans le vide. Ses ongles pointus laissèrent un dernier souvenir d'elle, de grandes traces de griffures sur le rebord de cette fenêtre, se marquent dans le bois.
Elle tend les bras pour se rattraper au rebord du balcon, son cœur se fracassait contre sa cage thoracique. Elle finit par tomber parfaitement bien, s'agrippant a la barre du balcon, ses pieds lourds par la chute broient la colonne vertébrale du macchabée et lui fait recracher son propre sang.
Son coeur palpite, elle sourit, sa bouche avait perdu cette habitude de sourire. Elle était comme rouillée. Les lèvres gercés et craquelés, elle a mal. Mais mal pour sourire, un mal pour un bien.

Elle souffle, d'un souffle tremblant et glacial se formant en une légère fumée blanche qui forme des vagues et des zigzags puis s'évapore dans l'air, comme si elle n'avait jamais existé. Le vide qu'il lui restait à franchir lui parait bien plus compliqué. Il n'y a que de l'herbe et des feuilles mortes en bas. Les buissons ne pourront pas non plus ralentir sa chute, et le médecin était trop lourd pour elle. La jeune femme regarde en bas, elle ne veut pas rester pieds nus, le froid lui glace les orteils devenus d'un bleuté mauve. Elle récupère les chaussures du mort, de belles chaussures rouges, en toile.
Que faire, maintenant ? Où irait-elle de toute façon ?  Elle n'a nulle part où aller. Sa maison est loin, elle ne connait pas la route. Elle la connaissait avant, elle allait souvent dans cette ville avec Clara, elle est assez loin, mais les boutiques étaient bien. Mais elle a oublié. Elle a tout oublié de toute façon, c'est a peine si elle se souvient de son prénom. Klowi, oui, elle s'appelle Klowi.

L'hôpital est situé à côté de la ville, mais le deuxième bâtiment dans lequel elle était enfermée est légèrement enfoncé dans la forêt qui borde le premier bâtiment. La route n'est pas très loin d'ici, elle peut entendre les ronronnements des moteurs du balcon.
Faudrait-il suivre cette route, pour trouver quelque chose ? Elle ne sait même pas ce qu'elle cherche, elle a oublié ses parents, sa maison, sa meilleure amie. Elle passe par dessus bord et se laisse tomber dans le vide. La liberté, c'est ça. Sentir ses cheveux dans les airs, et se dire que dans quelques fractions de secondes, l'herbe frais de la nuit sera sous ses semelles, la liberté c'est pouvoir sourire et sentir son coeur se gonfler d'excitation et de bonheur.
Elle heurte un buisson qui ralentit finalement sa chute. Elle s'écorche les genoux, mais se faire mal pour avoir la liberté, c'est une bonne chose. D'un pas nonchalant, elle se dirige aveuglement vers la route, son œil continue de pourrir, son œil au beurre noir devient mauve presque noir. Sa vision de cet œil baisse considérablement, tout est flou, comme si elle avait ouvert les yeux dans l'eau, l'intérieur la brûle et la démange, mais quand elle gratte, cela lui donne une douleur insupportable. Elle l'ignore, elle veut retrouver la route. Des flashs dorés et rouges passent a toute vitesse, elle gagne le bord de celle-ci, et regarde les voitures passer et la raser de près. Elle marche au bord doucement, d'une marche de mort, son sourire se dessine, ses joues affreusement creuses brillent et ses pommettes saillantes aussi. Elle sourit d'un sourire affreusement laid et terrifiant sans le savoir aux conducteurs.

Elle s'avance sur la route, marche lentement tel un fantôme, les voitures tournent violemment à gauche, à droite, elles se plantent dans le décor, comme des moustiques sur un pare-brise. Elle regarde devant elle, les flashs qui l'éblouissent. Son énorme sourire sur son visage maigre et fin effraie les conducteurs qui continuaient de l'esquiver à grands coups de volants à droite et à gauche. D'autres esquivent, mais aucun conducteur ne sort des voitures écrasées sur les côtés. Morts ? Dans le coma ? Sous le choc ou simplement évanouis ? Si c'est ça, faire du mal aux gens, alors pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?

Elle se met sur le bord de la route, et marche devant elle. Elle cherche quelque chose de précis, mais ses souvenirs oubliés et effacés ne peuvent pas lui porter secours. Peut-être ce quelque chose qui n'existe plus, comme ces parents par exemple. Qui sait, peut-être qu'à cause de leurs menaces envers cet hôpital, il s'est passé l'irréparable.

Les conducteurs s'arrêtent en voyant les autos renversées. Des fumées s'échappent des moteurs des accidentés, une fumée grise et épaisse, le contraire de la fumée fine blanche et pâle que fait Klowi avec sa respiration saccadée. Elle marche entre les arbres près de la route, à l'abris des regards. Elle suit la route, elle suivra toujours la route.
Bloody Klowi [FR]
Story of Klowi, in french
(Soon in english)
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Elle est sortie ! Vous pouvez aller la lire sur wattpad ( Keiisaa ) voila :DD

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Keiisaa
Maëll
France
Hi, i'm Keiisaa. I draw sometimes, and I share them with you!

(I apologize in advance if my english is not very good)
Interests

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:iconsherlleen:
sherlleen Featured By Owner Feb 17, 2017  Hobbyist Digital Artist
thank you for the watch! `v`
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:iconkeiisaa:
Keiisaa Featured By Owner Feb 17, 2017
Dr
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:iconnestorpriest:
NestorPriest Featured By Owner Feb 1, 2017  Student General Artist
thank you for the fave and the watch!
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:iconillbecomeyourheroine:
illbecomeyourheroine Featured By Owner Jan 30, 2017  Hobbyist General Artist
Hello! Welcome to Deviantart! :heart:
You take creepypasta request?
Reply
:iconkeiisaa:
Keiisaa Featured By Owner Jan 30, 2017
Hey ! Thanks !
Hm... yes but, i take my time ^^'
Reply
:iconillbecomeyourheroine:
illbecomeyourheroine Featured By Owner Jan 30, 2017  Hobbyist General Artist
You are welcome. :heart:
You draw my Emily?
Doll by illbecomeyourheroine
This is just up to her bust but the color of her hair is not that, it's orange. Her dress is ripped and she's a doll.
Socks: C03f92c835744327015d80a657443cb4 by illbecomeyourheroine (
Where it's purple, it's dark blue).

Shoes: Sapato-boneca-7 by illbecomeyourheroine (Red).
Thanks. :heart:
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